Véhicules électriques et stationnement intérieurs : y avez-vous pensé ?

3 mars 2026

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Véhicules électriques et stationnement intérieurs : y avez-vous pensé ?

Le risque d’incendie lié à l’emballement thermique d’une batterie lithium-ion endommagée est aujourd’hui une réalité bien connue. Bien que ces événements spectaculaires soient abondamment documentés, le défi majeur que représente le contrôle de ce type d’incendie semble encore sous-estimé par certains propriétaires. Comme souvent, l’adage « ça n’arrive qu’aux autres » semble malheureusement s’appliquer ici.

Lorsque les propriétaires de véhicules électriques choisissent d’ignorer ce risque, les conséquences potentielles sur leur santé et sur leurs biens relèvent essentiellement de leur responsabilité (et de celle de leurs assureurs).


Mais qu’en est-il des lieux publics ?

Les centres commerciaux, immeubles de bureaux ou de copropriétés, aéroports et autres infrastructures accueillant une clientèle de plus en plus nombreuse de propriétaires de véhicules électriques autorisent généralement ces véhicules dans leurs stationnements intérieurs. Dans bien des cas, des bornes de recharge y ont même été installées, souvent sans réflexion approfondie sur les conséquences possibles en cas d’incendie.

Certes, les véhicules à essence présentent eux aussi un risque d’incendie. Toutefois, ce risque est bien connu et les scénarios d’intervention sont maîtrisés. Dans la majorité des cas, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les systèmes de gicleurs automatiques ou l’intervention des pompiers permettent de contrôler un incendie impliquant un véhicule à essence.
La situation est bien différente pour les véhicules électriques équipés de batteries lithium-ion. Malgré les connaissances générales en matière de lutte contre les incendies, il n’existe toujours pas de méthode éprouvée, efficace et sécuritaire pour maîtriser l’emballement thermique de ce type de batterie.

Alors, que fait-on lorsqu’un véhicule électrique prend feu dans un stationnement souterrain?

Appeler les pompiers ?

  • Peut-on simplement espérer que les gicleurs automatiques suffisent ? Leur inefficacité dans ce contexte est largement documentée. Leur rôle se limite généralement au refroidissement des éléments de construction, lorsque la chaleur de l’incendie ne provoque pas la vaporisation immédiate de l’eau.
  • Les stationnements souterrains sont habituellement peu occupés. En l’absence de danger immédiat pour des vies humaines, les pompiers ne mettront pas leur sécurité en péril uniquement pour limiter des dommages matériels.
  • Faire appel à un service de remorquage ? Un remorqueur acceptera difficilement de risquer sa vie pour déplacer un véhicule en feu dans un environnement enfumé, à visibilité quasi nulle et difficilement navigable.

Ignorer cette problématique revient à accepter un angle mort majeur de la transition énergétique. Tant qu’aucune solution réellement efficace et sécuritaire ne sera disponible pour contrôler les incendies de batteries lithium-ion, les options resteront limitées et complexes. Interdire les véhicules électriques dans les stationnements souterrains étant probablement la dernière option envisagée par les propriétaires, il devient essentiel d’anticiper plutôt que de subir.

À défaut d’autres solutions, il est fortement recommandé d’élaborer un plan d’urgence en collaboration avec les services incendie, l’équipe de gestion et de sécurité du site, ainsi qu’un service de remorquage sous contrat. Ce plan devrait notamment inclure :

  • L’identification de zones sécurisées permettant de relocaliser un véhicule électrique en feu, afin de le laisser se consumer complètement. Les rôles et responsabilités de chaque intervenant doivent être clairement définis et documentés, incluant, par exemple, la désignation d’un agent de sécurité responsable de la coordination de l’évacuation et des opérations.
  • L’implication d’une entreprise de remorquage formée, spécialisée et disponible en tout temps pour intervenir lors d’un emballement thermique.
  • La mise à disposition de couvertures anti-feu en céramique ou en fibre de verre. Bien que leur efficacité soit limitée, elles peuvent contribuer à contenir les flammes et à réduire l’exposition à la chaleur rayonnante lors des premières interventions. Le personnel concerné doit être formé à leur utilisation.
  • La réalisation d’exercices et de simulations afin de tester le plan, valider les procédures et assurer une bonne coordination entre toutes les parties prenantes.
  • Le marquage clair de voies dégagées dans les stationnements souterrains pour faciliter l’extraction sécuritaire des véhicules, même en situation d’urgence.

Un tel protocole devrait être officiellement intégré au plan d’intervention d’urgence du site et révisé annuellement, ou à la suite de tout incident impliquant un incendie de véhicule électrique.

À défaut, laisser brûler un véhicule électrique dans un stationnement souterrain peut entraîner non seulement d’importants dommages thermiques, mais également des dommages majeurs causés par la fumée aux étages supérieurs. L’absence de protocole d’intervention adéquat peut avoir des conséquences graves sur l’exploitation du stationnement et, surtout, sur la sécurité des clients, usagers et résidents.

Soulever cette problématique ne vise pas à remettre en question le véhicule électrique, mais à rappeler une évidence : toute évolution technologique doit s’accompagner d’une adaptation des mesures de prévention et de contrôle existantes.

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